Lannwit tonbé (Au couchant), Chris LA

De la vie, j’apprends ce doux mystère qui m’effraie un peu,

Pouvoir rendre heureux celui que j’aime de mon aveu.

De la vie, j’apprends comme cet enfant dans l’adolescence,

Que le grand bonheur d’aimer passe aussi par de la souffrance.

 

Moi qui ne voulais de l’amour que cette pure allégresse,

Je découvre qu’il me faut aussi savourer sa tristesse.

 

De cette connaissance si douce et pourtant douloureuse,

Je grandis telle la femme qui apprend d’elle : amoureuse,

Que son cœur est plus qu’un mécanisme où la raison fait loi,

Pour enfin savoir ce qu’est l’amour et le chérir en soi.

 

De cette femme en dérive, je ne contrôle plus rien,

Ni les sens, ni l’avenir, ni le temps, ni plus aucun bien.

 

Enfermée dans ce tourbillon où, lentement, je me noie,

Je ne respire plus, pourtant, je vis dans ce grand émoi,

Comme si la vie, au-delà de tout, prend bien soin de moi,

Je me détends, certaine que tout prend forme autour de moi.

 

J’apprends ainsi que la vie a le droit d’enseigner le sens,

De toute chose dont découlera tous les errements.

 

Si je sais l’ombre, c’est qu’hier, j’ai vécu l’ensoleillement.

Si je sais aimer, c’est que j’ai vu, connu, l’isolement.

 

A la vie qui me soigne, je lui dois la femme accomplie,

Possédant à présent le vrai sens d’aimer à l’infinie.

 

Une leçon si particulière de l’apprentissage,

Me laissant perplexe pour apprendre enfin tel un vrai sage,

Que l’amour, en moi, devient souffrance si je n’aime pas,

L’instant tel qu’il est, le voulant autrement pour faire un pas.

 

Je sais que l’amour n’est ni souffrance ni isolement,

Car cet état naît de vouloir changer l’instant seulement,

Aussi beau soit-il, afin que mon amour soit près de moi,

Goûtant rien qu’à mes côtés, un désir lui chantant ma loi.

 

La vie m’apprend ainsi à respecter l’instant, important,

Que je perçois par un nom qui me manque terriblement.

 

Je donne à ce tourment le vrai sens de mon sentiment,

Caressant comme la vie l’entend, l’être qui pour un temps,

Illumine intensément, en moi, les couleurs de mon monde,

Éden restitué à jamais, signe d’une nouvelle onde.

 

Le destin prend un sens, me faisant grandir sans insolence,

Consciente de l’instant, en toute largesse sans indolence.

 

Je savoure le temps qui s’écoule, énergie infinie,

Ivre du sens sans controverse de ce qui donne vie,

Laissant au présent, le temps de raisonner les déraisons,

Laissant à ce souffle, le droit d’apprendre comme il l’entend,

Le tracé de l’existence : vivre quel que soit l’instant,

Je t’aime au-delà des frontières infimes où passe le temps.

 

Chris LA

Auteur Guyanais

Chris LA

Je suis un auteur qui s'inspire du vivant pour écrire sur le merveilleux. Que cela soit triste ou heureux, l'important étant de choisir ce qui à un instant donné nous fait vibrer. Vous l'aurez compris, j'aime la nature, rire et me détendre...

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