La fin et les moyens, Martin Luther King

« L’un des plus grands débats philosophiques de l’histoire a porté sur la question de la fin et des moyens. Et il s’est toujours trouvé des gens pour prétendre que la fin justifie les moyens, que les moyens, au fond, sont sans importance, l’essentiel étant d’atteindre le but fixé.

C’est pourquoi, disent-ils, si vous cherchez à bâtir une société juste, l’important est d’aboutir, et les moyens n’importent guère. Choisissez n’importe quel moyen pourvu que vous n’atteigniez votre but : ils peuvent être violents, ils peuvent être malhonnêtes, ils peuvent même être injustes. Qu’importe, si le but est juste ! Oui, tout au long de l’histoire, il s’est trouvé des gens pour argumenter ainsi. Mais nous n’aurons pas la paix dans le monde avant que les hommes aient partout reconnu que la fin ne peut être dissociée des moyens, parce que les moyens représentent la semence, et la fin représente l’arbre.

(…) un jour il nous faudra comprendre que la paix n’est pas seulement un but lointain que nous nous fixons, mais un moyen qui nous permet d’arriver à ce but. Nous devons nous fixer des buts pacifiques par des moyens pacifiques. Tout cela pour dire qu’en fin de compte moyens et buts doivent être cohérents, parce que le but préexiste dans les moyens et parce que les moyens destructeurs ne peuvent aboutir à des fins constructives. »

 

Martin Luther King, La seule révolution, Casterman, 1968

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